Témoignage d”accouchement de Manon-PODCAST-

Je vous propose une série de témoignages d’accouchement, de femmes qui partagent leur vécu afin que chacune d’entre vous puisse trouver toute la puissance qui l’habite. Nous sommes héritières de la nature, femmes faites pour enfanter. Toutes les ressources nécessaires sont en vous.

Ces partages ont pour objectif de vous donner confiance. Vous savez donner naissance, quelque soit le contexte. C’est en VOUS.

 

 

Manon partage sans tabou son accouchement. Il ne s’est pas déroulé comme elle et son mari le souhaitaient mais elle a su en tirer profit. Merci à eux de témoigner pour vous aider à préparer votre accouchement.

Musique générique : Reloj de campana; voix: Marisa DE LILLE; auteur: Ana Llilia MORALES de l’album Las Voces de la Diosa y Pedro Vadhar
Musique de fond: Ada angel de Pedro VADHAR

Bonjour à tou.s.tes !

Je souhaite vous raconter mon accouchement. Je pense que c’est très important de se préparer psychologiquement à toutes les possibilités. C’est, je pense, ce qui m’a aidé à accepter mon accouchement.

Depuis le 4eme mois, nous étions suivi à Parent’eizh, le plateau naturel de La Sagesse à Rennes (que nous recommandons à 100%) donc accouchement naturel pour moi avec aucun gros soucis pendant la grossesse.

La DPA était fixée au 24 février.

Avec mon chéri, nous étions sûrs et certains que notre puce arriverait avant. La date de conception donnée par la sage femme étant impossible. Dès fin janvier, nous nous préparons tranquillement à accueillir notre petite princesse. Les jours passent, les semaines passent, le 24 février arrive et toujours rien. Outre la surprise, je commence doucement à craindre le déclenchement, seule possibilité à laquelle je n’ai pas pensé une seule fois pendant ma grossesse. J+1, J+2…arrive J+4, dernier rendez-vous à la maternité (côté classique…je n’ai pas arrêté de répéter à mon chéri que je n’aimais vraiment pas le côté classique).

La sage femme qui m’ausculte me dit que je suis ouverte à deux bons doigts sur toute la longueur et donc, qu’elle peut faire un décollement des membranes, ce que j’accepte volontier. Si celui-ci ne fonctionne pas, je dois appeler la maternité le lendemain, samedi 29 février à 8h.

En rentrant à la maison, nous décidons d’aller faire une marche que je fais la plus active possible sur pratiquement une heure. En rentrant à la maison, je sens mon ventre qui tire mais rien de très concluant pour le moment. On se couche, j’ai un peu mal mais j’arrive à m’endormir. A 1h30, je me réveille, je suis pas bien mais pas de contraction. Je me sens juste très inconfortable dans le lit. A 3h30, les vraies contractions commencent ! Je commence à les chronométrer à 4h40, elles sont déjà là toutes les 5min. J’attends 6h30 pour réveiller le chéri, je ne suis pas pressée (si j’avais su, on serait resté encore plus longtemps à la maison !).

8h : Arrivée à la maternité (l’heure à laquelle j’aurai du appeler pour prendre rdv pour le déclenchement !) je suis dilatée à 3, j’ai mal mais je gère plutôt bien. Les heures passent, je suis pratiquement tout le temps dans le bain (seul endroit où je trouve à peu près ma position) la sage femme m’accompagne à la perfection, je suis à l’aise avec elle et le chéri gère comme un chef pour m’aider à accepter et à accompagner la douleur. Ce que je ne sais pas c’est que rien ne bouge. Rien ne bouge en bas.

Minuit : Je suis passée de 3 doigts à 5.. Bébé à trop d’eau, la tête n’appuie pas sur le col, la seule manière de potentiellement débloquer la situation serait que la poche d’eau perce..ou qu’on me la perce. La sage-femme a changé entre temps, je gère beaucoup moins bien la douleur, le changement m’a fait sortir de ma bulle, la fatigue aussi. Quand on me parle de me percer la poche des eaux (ce qui implique de passer en classique), j’accepte.

Il faut que ça bouge, j’ai mal, je suis fatiguée, je n’arrive plus à me remettre dans ma bulle…Je commence à parler à mon chéri que je vais peut être prendre la péridurale. Je suis à bout de force,  je n’ai pas dormi depuis pratiquement 24h. Le mental commence à ne plus suivre non plus. Dans un élan de désespoir et de douleur, je demande même à mon chéri pour rentrer à la maison. Arrivée en classique, la poche des eaux a fissuré naturellement mais ce n’est pas suffisant, il y a toujours beaucoup (trop) d’eau.

Maintenant je suis sûre de moi, je veux la péridurale. Les 17h et les 5cm auront eu raison de moi. Les sages femmes se tournent vers mon chéri et lui demande son avis. Elles s’assurent que je ne dis pas ça sur un “coup de tête” et que je ne vais pas regretter. Mon chéri sait que si je la demande, c’est que je n’en peux plus.

1h00 : On appelle l’anesthésiste, elle met du temps à arriver, pendant ce temps, j’essaye de souffler calmement (en vain), je crie, je pleure, j’en peux plus. Quand on me pose la péri, avant même d’avoir le soulagement physique, je suis soulagée psychologiquement. Je vais enfin pouvoir me reposer (je ris en écrivant ça…si j’avais su…). On finit également de me percer la poche des eaux (liquide teinté de méconium qui plus est). Je m’installe dans le lit et dors un peu. Ça fait tellement de bien… mais pour une courte durée.

4h00 : Environ 3h après la pose de la péri, mon chéri appelle la sage femme “en urgence”, l’anesthésie ne fait plus aucun effet, ce qui me fait hurler de nouveau de douleur. J’ai eu tellement mal et je suis tellement fatiguée que je ne supporte plus rien… Quand l’anesthésiste revient, elle voit que le cathéter a bougé, ce qui explique que je souffre de nouveau : l’anesthésie se répend dans la surface de mon dos et non plus en profondeur. On me repose la péridurale et, malgré que je doive très régulièrement relancer des doses, elle fonctionne plus longtemps et me permet de dormir. L’anesthésiste revient quand même à deux reprises me mettre des doses “d’urgence” : j’élimine très (trop) rapidement l’anesthésiant. Je suis branchée de partout : sonde urinaire, cathéter, capteur intra-utérin, péridurale, capteur pour mon pouls sur le doigt…

9h00 : (donc environ 25h après mon arrivée à la maternité), on commence à me parler gentiment de césarienne. L’angoisse monte. Autant pour moi que pour mon chéri. Effectivement, depuis la veille, je suis toujours qu’à 5…personne ne sait pourquoi le travail n’avance pas. On me met sous ocytocine, sous spasfon…il n’est plus du tout question d’avoir l’accouchement physiologique que je rêvais quelques jours voir quelques heures auparavant mais tout simplement d’avoir un accouchement par voie basse, d’éviter la césarienne.

11h00 : On m’annonce qu’on ne me donne plus qu’une heure, le cœur de bébé a des hauts et des bas, le médecin commence déjà à tourner autour de la salle de naissance.

12h00 : La péri fait encore des siennes, ça lance le coup d’envoi pour les médecins. Une demi douzaine de personnes entrent dans la chambre, on me remet une bonne dose d’anesthésie ce qui me calme presque instantanément.

12h30 : J’arrive dans le bloc. Je suis jambes et bras écartés, nue (adieu pudeur…) , au milieu de beaucoup trop de personnes qui s’agitent autour de moi, sans mon chéri qui est en train d’être habillé dans une autre pièce. Quand ils le font rentrer, je me sens enfin bien, prête à découvrir notre puce.

13h10 : Nous entendons enfin des pleurs dans le bloc, nous nous regardons et nous mettons instantanément à pleurer. Notre princesse Amy est là, elle va bien. On nous l’emmène pour l’aspirer dans une autre pièce et 2min plus tard enfin nous la découvrons. On pleure de soulagement, de joie…Et là, le drame. Vous vous souvenez quand je disais éliminer très rapidement les anesthésies ? Et bien oui, c’est valable aussi sur la table d’opération. Mon chéri et ma princesse sont évacués très rapidement du bloc. Et je ne sais pas si je m’évanouis ou si on me met sous gaz anesthésiant. Petit trou noir. Quand je me réveille, tout le monde est de nouveau très calme autour de moi, on finit de me mettre des agrafes et enfin, je retourne dans la salle de naissance ou mon chéri fait du peau à peau avec notre fille. Ils sont si beaux tous les deux.

Bref, notre petite Amy est née le 1er mars 2020 après 30h de travail elle pèse 3,570kg et est en parfaite santé.

Je n’ai pas fait ce récit pour effrayer qui que ce soi. Mais tout au long de ma grossesse, j’ai lu toutes sortes de récit ; de l’accouchement « parfait » à l’accouchement un peu plus catastrophique et c’est, je pense, ce qui m’a permis de me remettre si bien psychologiquement et physiquement de cette césarienne faite un peu dans l’urgence. C’est pourquoi je souhaitais à mon tour partager mon histoire.

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11 commentaires

  • Grandir avec les livres

    Merci pour ce témoignage intense. Ça m’a rappelé des souvenirs, oui les accouchements ne se passent pas toujours comme on le prévois. En tout cas bravo pour ces idées de podcasts, quand on est enceinte tout le monde s’évertue à te faire peur en te racontant les pires histoires, mais ils oublient souvent de dire également les plus beaux. C’est pour ça que j’aime bien la conclusion de ton témoins. 🙂

  • Aurore

    Les accouchements ne sont pas tous idéaux. Je suis aussi passé par une césarienne en urgence et c’était pas plus mal finalement…quand je vois les dégâts de certaines mamans pour avoir insisté la voie basse.
    Super témoignage !

  • Pierre-Favre

    Très poignant ce témoignage !
    Bravo à la maman pour ce qu’elle a su endurer, bien malgré elle sans doute, mais elle a su l’endurer alors “Chapeau”, “bravo”, et félicitation aussi bien sur.
    Il me rappelle (en plus difficile) l’accouchement de ma femme, qui elle aussi souhaitait accoucher en “salle nature” et qui c’est finalement transformée en “péri” et “césarienne” 😉
    En tout cas, de toute l’équipe qui était là ce jour là, nous gardons un souvenir impérissable de l’équipe de sage femme !

    • florie

      Merci pour elle, je lui transmet! Je pense que l’essentiel la façon dont-on perçoit les événements! C’est super d’en avoir un bon souvenir même si les plans n’ont pas pu être respectés!

  • Valentine

    Chaque accouchement est une histoire en soi et je crois qu’effectivement, partager la diversité de ces expériences est essentiel pour sortir du “tu verras, il faut le vivre” ou “c’est le plus beau jour de ma vie”…

  • Jung

    Wouahhh ce témoignage est intense !
    Merci de nous le faire partager.
    Mon épouse est actuellement à son 7ème mois et elle a choisi d’accoucher sans péridurale dans un pôle physiologique. La maternité que nous avons choisi propose une salle nature pour que maman soit dans les meilleures conditions pour ce grand moment.
    Cependant, avec cette période si particulière, elle redoute de devoir accoucher sans que je puisse être à ses côtés, même si pour l’instant les papas ont quand même le droit d’être présents. Et les cours de préparation à l’accouchement ont tous été annulés… Elle les reçoit par mail en PDF, ce qui n’est pas pour la rassurer non plus…
    Donc on essaie de se changer les idées en nous recentrant sur le moment présent, sur la grossesse, sur bébé qui bouge…

    • florie

      Merci pour ce retour, la situation semble aller dans le bon sens dans les maternités! Je croise les doigts pour vous.
      C’est essentiel de prendre de le temps de profiter du moment présent.
      Vous pouvez joindre une sage-femme libérale qui pourra répondre à vos questions en particulier, beaucoup font de la téléconsultation. 🙂

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