En réponse à Mélissa (Golden Wendy)

 

Je rédige cet article en réponse à Mélissa du blog goldenwendy pour son podcast sur son expérience de la rééducation périnéale

Pour contextualiser et comprendre pourquoi ce podcast m’a particulièrement touchée je me présente: Je suis sage-femme libérale depuis plus de 5 ans. La rééducation du périnée est une grande partie de mon activité.

Avant tout je tiens à te remercier d’avoir partagé ton expérience avec autant de sincérité.

Je voudrai d’abord apporter 2 petites précisions:

  • La visite post-natale fait partie des compétences des sages-femmes. Cette consultation est dans la continuité du suivi de grossesse et logiquement faite par le praticien ayant suivi la femme enceinte.
  • Le toucher vaginal s’effectue au plus avec 2 doigts dans le vagin, le majeur et l’index et en aucun cas avec la main. Si vous avez subi ce genre de pratique sachez que ce n’est pas normal.

Mélissa,

Je suis passée par plusieurs émotions à l’écoute de ce récit. De la curiosité, de l’amusement, de la surprise, de la colère, de l’empathie.

J’avoue avoir souri en t’écoutant découvrir l’univers de cette sage-femme. Très vite ce rictus s’est effacé pour laisser place à la stupéfaction. Cette intrusion est difficile à entendre, tellement soudaine j’imagine à quel point ce doit être difficile de le vivre.  Au nom des sages-femmes je tiens à m’excuser de cette expérience et à préciser que ce n’est pas normal.

Se remettre en question

Ta réaction me touche réellement car ça m’amène à me questionner sur ma pratique. Que ressentent les femmes en poussant pour la première fois la porte de mon cabinet? Que ressentent-elles en sortant de leur rendez-vous?  Ai-je déjà pu faire subir une telle expérience à une femme?  J’espère réellement que non…

S’il vous plait, Mesdames,  faites des retours aux professionnels avec lesquels vous avez eu une mauvaise expérience. Je suis certaine que ce n’est jamais volontaire. C’est “la routine”, ce n’est “pas le bon jour”.  Il est bon de savoir se remettre en question, de savoir faire évoluer sa pratique, de savoir relever la tête et faire tomber les œillères.

Je m’applique à expliquer un maximum de choses à mes patientes, à les prévenir lorsque je les examine, à prendre des précautions, faire comme si c’était un premier examen à chaque fois, parce que je sais à quel point il peut être délicat de subir un toucher vaginal.

Malgré tout il m’est déjà arrivée de dire “je vous examine excuser moi je ne vous ai pas prévenue” les doigts déjà dans le vagin parce que l’on discutait et que je procédais  ” mécaniquement” à ces gestes répétés des dizaines de fois dans la journée.

Alors peut être qu’il m’est arrivé de faire un toucher vaginal sans prévenir et sans m’en rendre compte et pour ça excusez-moi. J’aurai voulu, je voudrai que les femmes avec lesquelles j’ai pu être maladroite me le dise, ou me l’écrive pour que je puisse être encore plus attentive.

Parce qu’il n’est pas facile de discerner la personnalité d’une inconnue en quelques minutes, il arrive sans doute que je sois maladroite, trop prude, trop infantilisante à un moment, trop légère et direct à un autre.

 

 Le médecin “figure d’autorité”

Je comprends tout à fait que ce soit difficile de s’opposer, de contester des décisions du corps médical. Mais n’oublions pas que les médecins ont prêté serment et que toutes les professions médicales ont pour mot d’ordre la déontologie : la priorité doit être le consentement et le respect du patient. Le titre ou les diplômes n’ont aucune valeur face au devoir de respect, ils ne donnent aucun droit à négliger ou dénigrer son patient.

N’ayez pas peur de poser des questions, d’insister pour que l’on vous apporte des précisions et surtout de refuser des gestes qui vous gênent, vous choquent ou que vous ne comprenez pas. Vous êtes les seules décisionnaires de votre corps, aucun acte médical n’est obligatoire.

La rééducation du périnée

La méthode utilisée par la sage-femme en question est la CMP (Connaissance et Maîtrise du Périnée), c’est une méthode remarquable est très efficace si elle est convenablement suivie.

Comme la plupart des thérapeutique je suis convaincue que les résultats obtenus passent largement par la relation et la confiance entre le patient et le praticien.

Cette méthode a un grand intérêt car la femme apprend à ressentir, à contrôler les différents muscles du périnée. Son principal avantage est le résultat à long terme qu’elle apporte en laissant des habitudes de vie bénéfiques pour le périnée.

Le gros soucis que j’ai avec la rééducation uniquement avec la sonde. Que ce soit le biofeedback ou l’électrostimilation est que le périnée est travaillé dans sa globalité. Autrement dit, les muscles les plus faibles resteront “cachés” derrière les plus toniques et le périnée ne s’équilibre pas.

Je découvre cette sonde et cette application. Peut-être un dispositif qui sera pris en charge en partie par l’assurance maladie?

 Merci Mélissa de libérer la parole, de permettre aux femmes de s’exprimer, de partager leurs expériences et de faire le lien entre les patients et les professionnels. Parce que les sages-femmes sont des femmes comme les autres, ouvrons le dialogue.

 

 

 

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